Comment décrocher ?

Dernière mise à jour : 15/05/2024

Commencez par en parler avec votre médecin traitant

Quand on est « accro », il est formellement déconseillé d’arrêter brutalement la consommation d’hypnotiques et d’anxiolytiques.

En matière de médicament, chaque cas est un cas particulier.
Il faut évaluer avec votre médecin traitant votre situation, le niveau de votre dépendance, vos conditions d’endormissement et préparer un programme de sevrage qui va s’étaler sur plusieurs semaines ou plusieurs mois.

Il est déconseillé d’arrêter le traitement quand le consommateur « accro » :

  • est traité pour des contractures musculaires ou une épilepsie,
  • ne souhaite pas cet arrêt,
  • veut un arrêt immédiat brutal,
  • est dans une situation sociale ou personnelle difficile,
  • a des d’antécédents de complications à l’arrêt de médicaments,
  • ne peut pas venir voir régulièrement son médecin traitant,
  • n’est pas capable de participer très activement au programme de sevrage.

Le programme de sevrage peut être plus compliqué à établir dans certains cas

  • Dépression
  • Insomnie chronique
  • Anxiété pathologique
  • Vieillissement cérébral anormal
  • Echecs antérieurs d’arrêt
  • Surconsommation régulière d’alcool

Une prise en charge spécialisée est souvent nécessaire dans les situations suivantes :

  • Doses très élevées d’hypnotiques ou d’anxiolytiques
  • Insomnie rebelle
  • Dépendance à l’alcool
  • Autres dépendances, usage récréatif de médicaments ou de stupéfiants
  • Association à d’autres médicaments (psychotropes...)
  • Problèmes psychiatriques importants.

Diminution très progressive des doses

Les doses vont diminuer très progressivement par paliers.
Exemples de paliers :

  • 1 cp un soir sur deux, ¾ de cp un soir sur deux
  • 1 cp deux soirs sur trois, ¾ de cp un soir sur trois,

Si les changements de paliers sont bien dosés et suffisamment espacés, le patient « accro » ne ressent aucun manque.

Si les changements de paliers sont trop importants ou trop fréquents, le patient « accro » ressent des symptômes de manque :

  • Agitation
  • Anxiété, nervosité
  • Céphalées
  • Hypersudation
  • Diarrhée
  • Étourdissement
  • Faiblesses ou raideurs musculaires
  • Fatigue
  • Goût métallique dans la bouche
  • Impatience
  • Insomnie
  • Irritabilité, mauvaise humeur
  • Léthargie
  • Manque de motivation
  • Perte d’appétit
  • Sensibilité accrue aux bruits et aux odeurs
  • Trouble de concentration

Dans ce cas, un retour au palier antérieur et une moindre diminution des doses suffisent à faire disparaître les syndromes de manque.

Symptômes de sevrage à signaler sans tarder à votre médecin traitant

Des effets délétères plus ennuyeux peuvent survenir :

  • Cauchemars
  • Confusion dans les idées
  • Convulsions, crises d’épilepsie (rare)
  • Délire
  • Dépersonnalisation (impression d’être un autre)
  • Fasciculations
  • Hypotension orthostatique (chute de tension artérielle quand on passe de la position allongée à debout)
  • Idées ou sensations bizarres
  • Mauvaise coordination ou incoordination motrice
  • Nausées, vomissements
  • Tachycardie, palpitations
  • Tremblements

Il faut les signaler sans attendre à votre médecin traitant.

Calendrier de suivi et contacts fréquents avec votre médecin traitant

Utilisez un « calendrier de suivi » pour noter chaque jour les doses utilisées, la qualité de votre sommeil, votre niveau d’anxiété et d’éventuels incidents.

Il est important d’avoir des contacts réguliers avec votre médecin traitant et de lui signaler soigneusement ce qui va et ce qui « ne va pas ». Signalez-lui aussi une éventuelle augmentation de votre consommation d’alcool, de tabac ou de substances diverses.
Des contacts téléphoniques avec votre médecin traitant (ils peuvent être quotidiens au début) sont très utiles.

Habituellement, le programme de sevrage dure de 4 à 10 semaines mais il peut être plus long.
Ne vous découragez pas : l’obtention d’une diminution de posologie doit déjà être considérée comme un résultat favorable.

Continuez le suivi médical après l’arrêt complet des hypnotiques et des anxiolytiques

Il est recommandé de faire un bilan du sommeil et de l’anxiété avec son médecin traitant

  • dans la semaine qui suit l’arrêt complet,
  • une autre fois au cours des 6 mois suivants.

Cette consultation permet de détecter des « effets rebonds » (regain d’insomnie ou d’anxiété) ou des problèmes masqués par la prise d’hypnotiques ou de tranquillisants.

A noter : si votre médecin traitant vous conseille de rapporter à la pharmacie les boites de médicaments non utilisés, faites-le. Ca évitera à d’autres de les prendre dans votre armoire à pharmacie et de devenir « accro » à leur tour.

Pour en savoir plus

Mon somnifère ou mon anxiolytique
peut-il créer une dépendance ?

Pour le savoir, entrez dans le cadre ci-dessous
le nom de votre médicament

Je prends un somnifère ou un anxiolytique.
Suis-je accro ?

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Quand ils sont utiles, les somnifères et les anxiolytiques (les « benzodiazépines ») n’ont qu’un rôle d’appoint transitoire et de courte durée:

  • Traitement contre l’insomnie : pas plus de 4 semaines consécutives !
  • Traitement contre l’anxiété : pas plus de 3 mois consécutifs !

Si vous prenez un somnifère ou un anxiolytique, n’interrompez pas seul votre traitement. Un arrêt brutal peut être dangereux. L'arrêt doit être très progressif et supervisé par votre médecin traitant.